Petits points cardinaux

Michel Séonnet

Ces canards qui volaient contre le vent / Armand Gatti à Saint-Nazaire 1976-1977

TRENTE ANS APRES

(En guise de préface)

1

Ce texte a été écrit il y a plus de trente ans par un jeune homme de vingt-trois ans dont c’était le premier ouvrage. Les Editions P.J. Oswald, avec qui ce projet avait été conçu, ayant déposé le bilan, il ne fut jamais publié. Le jeune homme qui l’écrivit avait rencontré Armand Gatti quelques années auparavant alors qu’il sortait à peine de l’adolescence. Il s’était précipité à son invitation dès lors que celui-ci, après un exil en Allemagne et en Belgique, était revenu travailler en France. Il y avait eu d’abord, en 1975, l’expérience du Chat guérillero, au collège de Ris-Orangis (Essonne). Puis cette expérience du Canard sauvage à Saint-Nazaire. Le jeune homme rêvait de théâtre et voulait faire le comédien. Mais Gatti l’avait fermement persuadé de ce qu’il avait bien mieux à faire : écrire. Ce premier texte sur le Canard sauvage avait été en quelque sorte une réponse à cette invitation. Bien des années après, le jeune homme ayant pris de l’âge y répondrait de manière plus décisive encore. Et pour ce qui concerne Gatti, il accompagnerait de préfaces et de textes la publication de la plupart de ses pièces.

Ce qui frappe, dans ce texte consacré à l’expérience de Saint-Nazaire, c’est l’effacement de son "auteur" derrière un Nous qui englobe ce qui s’appelait alors Tribu - soit le groupe d’hommes et de femmes travaillant avec Gatti. Il y avait là le sentiment très fort non pas d’un collectif mais d’une communauté dont l’écriture de Gatti aurait été l’avant pointe. Mais à Saint-Nazaire Gatti n’écrivit pas. Empêtré dans les conflits avec une partie de la gauche et de l’extrême gauche locale (qui aurait dû faire partie de ses alliés "naturels"), gêné aussi, une fois qu’il fut libéré, par la personne même de Boukovski sur le nom duquel il avait lancé l’expérience de création, il fallut à Gatti faire un écart de temps et de lieu pour pouvoir, quelques mois plus tard, écrire la pièce que le travail à Saint-Nazaire aurait du porter. Ce fut, Le cheval qui suicide par le feu, pièce créée à Avignon au mois de juillet suivant.

Du coup le jeune homme néophyte se trouva propulsé aux avant-postes d’une parole à tenir sur ce qu’avait été l’expérience de Saint-Nazaire. Et si, dans bien des pages, on peut déjà deviner ce qu’il y a d’écriture propre, il n’en reste pas moins que l’ensemble reste sous le signe d’un Nous. Et d’ailleurs le manuscrit de ce texte fut l’objet de discussions parfois rudes à l’intérieur de la Tribu, ces discussions et cette rudesse donnant finalement corps à ce possible Nous.

Le jeune homme se faisait une idée sans doute un peu exagérée de ce Nous. Un des événements historiques qui servait alors d’emblème à Gatti était le trajet de Nestor Makhno et sa Makhnovtchina en Ukraine qui lutta tout à la fois contre les Blancs et contre les Rouges au nom d’un certaine idée de la Révolution. Depuis qu’il avait abandonné les théâtres et tentait, en Belgique d’abord, de mettre en oeuvre ce qu’il appelait des "expériences de création collective", Gatti proposait comme une sorte de repère et de mot d’ordre l’appel lancé par la Makhnovtchina : Prolétaires de tous les pays, descendez dans vos propres profondeurs, cherchez y la vérité, vous ne la trouverez nulle part ailleurs. Et le jeune homme, avait été tenté de croire que la Tribu n’était rien d’autre qu’une nouvelle Makhnovtchina oeuvrant, certes, dans le domaine culturel, mais dans une forme de culturel qui était viscéralement politique. On devine dans certaines pages de ce texte comment il pouvait penser la Tribu en termes d’avant-garde.

Une fois l’expérience de Saint-Nazaire terminée - et pour Gatti, ce fut dans la douleur, il suffit de lire les pages qu’il y consacre dans La Parole errante pour s’en persuader - le jeune homme crut bon, dans une lettre, de s’ouvrir de cette conception "avant-gardiste" du travail de la Tribu. La réponse de Gatti ne se fit pas attendre. Elle dut sinon le convaincre du moins le marquer. Il la conserva.

Mon cher Michel

J’avais un professeur que j’aimais beaucoup et qui, chaque fois qu’il rendait compte de la copie que je lui avais remise secouait la tête en disant : "Gatti je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou m’en affliger". Je ne dis pas du tout que j’ai rejoint mon professeur au reçu de ta lettre, mais si je t’en parle, c’est que....

La réjouissance étant assurée d’avance, l’affliction viendrait plutôt du fait que le discours que tu tiens mériterait des dizaines et des dizaines de pages en réponse alors que si je veux conserver le fragile équilibre que je me suis donné pour essayer d’aborder (je ne dis pas traiter) les trois sujets qui doivent être écrits, il faut que je sois beaucoup plus bref. De toutes façons comme tu seras à Avignon nous pourrons continuer de que nous avons déjà commencé.

Il y a plusieurs petits détails que je voudrais reprendre pour plus de clarté.

1° Discussion Lénine Makhno - Il y avait quatre façons d’intervenir sur l’Histoire : ou blanc, ou petliouriste, ou rouge ou noir. L’histoire frappait à la fenêtre et il fallait répondre. Lénine répond à sa façon, Makhno répond à la sienne. Même avec des points de vue différents, Makhno s’est allié deux fois avec lui (ou Trotski) tout en n’ayant aucune illusion sur l’aboutissement de ces alliances. Tous étaient pris à ce moment là dans un contexte donné qui exigeait des réponses précises. Ne pas en donner, refuser d’intervenir sur l’Histoire, c’est l’attitude du Petit Rentier, ceux qui laissent faire les autres, et qui pensent toujours passer au travers en disant Vive Staline ou Vive Hitler. Ce sont les mêmes (cf. Boukovski). Je prétends que la notion de Petit Rentier est une notion profondément makhnoviste.

2° "Makhno voulait mettre sur pied un certain type de société... " (ça me paraît un peu marxiste, tout ça). D’autant qu’il n’a jamais mis sur pied (ou voulu mettre) quoi que ce soit de ce genre. Ses proclamations aux intellectuels "Moi je détruis..." Partout où il est passé : "Créez vous-mêmes les structures de votre propre village." C’est même le grand reproche qu’on lui a fait à Alexandrovsk, il n’apportait aucune recette : il a dit aux ouvriers : la prison est détruite, ceux qui vous opprimaient sont éliminés, maintenant c’est à vous de prendre votre sort entre les mains... En plus je ne vois pas en quoi il bascule avec le dernier appel de la Makhnovtchina ? Quelle différence avec ce qu’il a fait avant, et ce qu’il a fait après ?

Tu sembles oublier deux faits importants, c’est que Makhno a été condamné par le mouvement anarchiste russe et même international (Berkman, Goldman, Sirolle) pendant tout le temps où il a fonctionné - sauf par deux : Archinov, qui ensuite est allé écrire dans les Izvestia que la Makhnovtchina c’était une mauvaise plaisanterie - et Voline qui a été libéré par Makhno au moment où il était emmené par les petliouristes (je crois). Je ne veux pas entrer dans les sentiments qui l’agitaient durant les quelques mois qu’il a passés à Goulai Polié (Babel en parle avec beaucoup d’acuité). Il a fallu après coup la reconnaissance de gars comme Durutti, Malatesta, Berneri, qui de toutes façons n’ont jamais été les plus en vue du mouvement et des différentes pensées qu’il a secrétées.

La Makhnovtchina a été avant tout un mouvement paysan. La Makhnovtchina n’est pas l’anarchie. L’armée makhnoviste n’est pas une armée anarchiste, elle n’est pas formée d’anarchistes. L’idéal anarchiste de bonheur et d’égalité ne peut être rejoint à travers les efforts d’une armée quelle qu’elle soit, même si elle était uniquement formée d’anarchistes. L’armée révolutionnaire, dans le meilleur des cas, pourrait servir à la destruction du vieux régime. Dans le travail constructif, dans l’édification, dans la création, n’importe quelle armée, qui logiquement ne peut exister qu’à travers la force et le commandement, serait complètement impuissante et même nuisible. Pour que la société anarchiste devienne possible il est nécessaire qu’en chaque lieu, ville, village, se réveille parmi ceux qui travaillent l’esprit anarchiste. Il est nécessaire que le ouvriers eux-mêmes dans leurs usines, les paysans eux-mêmes dans leurs villages, se mettent à construire la société anti-autoritaire sans attendre d’aucune part ni loi, ni décret loi. Ni les armées anarchistes, ni les héros isolés, ni les groupes, ni la Confédération anarchiste, créeront pour les ouvriers et les paysans une vie libre. Seuls les travailleurs eux-mêmes avec des efforts mais efforts conscients pourront construire leur bien être sans Etat ni patron...

Que ce groupe de partisans s’organise à partir de conseils et d’assemblées : pourquoi pas ? Et qu’est-ce que ça à avoir avec nous (groupe culturel). Un ensemble qui rien que sur le plan combattant réunit 50 000 individus (2 fois Saint-Nazaire) demande de toutes autres structures. Nous avions celles d’un groupe et parler de conseils ou d’assemblées nous concernant eut été comique (mais si cela avait été nécessaire, pourquoi ne pas l’organiser).

Notre 1+1+1+1 n’est pas une réponse à Makhno mais beaucoup plus humblement aux pères-la-branlette de Saint-Nazaire (sans tenir compte bien entendu de leurs personnes (la dérision). Ils réclament le collectif, les prises en charge. Tout cela en trois mois, c’est du bluff, du vent (c’est à dire ce qu’ils font depuis 18 ans). Même si on bénéficiait d’un temps cent fois, mille fois plus long, la démarche collectivisante est fausse. Et là, nous nous retrouvons. Notre but, c’est l’individu, sa prise de conscience. Le "collectif universel" c’est une idée profondément rétrograde. Ce n’est pas une Utopie. L’Utopie n’existe que dans la mesure où elle exalte, pousse (pas n’importe où) l’homme, et pas lorsqu’elle l’annule. Les collectivités sont faites pour cela (cf. Malatesta contre la Coecilia)

En conclusion nous nous retrouvons au terme de la démarche. Mais avec quelques petites rectifications.

Makhno : une démarche qui représente pour nous (sur le plan culturel) un compagnonnage fraternel. Une façon d’entrer dans l’histoire de son temps et d’en tenir une identité qui jusqu’à présent nous a toujours paru juste.

Boukovski : Le lien de rencontre, le point de fraternité avec lui, c’est le Petit rentier. Attitude profondément libertaire, même s’il l’élude. Nous : Nous sommes le sexe des anges.

Je t’embrasse [1]

Tout cela - Makhno, l’utopie, la révolution, le possible et l’impossible - sera la matière du Cheval qui se suicide par le feu, la pièce créé par Gatti à Avignon quelques mois plus tard. Ce cheval, construit et reconstruit par les protagonistes de la pièce, endossera – jusqu’au suicide - toutes les possibilités de cette tendance qu’ont certains à vouloir faire le bonheur des hommes (le plus souvent malgré eux).

2

Mais que reste-t-il aujourd’hui de ce monde de la fin des années 70 dans les incompréhensions duquel cette expérience de Saint-Nazaire fut menée ? A lire certaines pages du texte qui suit on ne peut que prendre la mesure des changements qui ont eu lieu. En apparence, tout au moins. Nous vivions dans le sentiment que le monde était coupé en deux (est/ouest ; communisme/capitalisme ; URSS/USA). Et la plupart des choix que chacun était amené à faire publiquement était, d’une certaine manière, déterminé par cette césure-là. On ne comprend rien à l’opposition de toute une gauche à ce projet autour de la "dissidence soviétique" si l’on ne remonte pas la chaîne des alliances qui liait le parti communiste français à l’Union soviétique, d’un côté, et au parti socialiste, de l’autre, dans le cadre de l’Union de la gauche qui, quelques années plus tard, devait conduire cette gauche au pouvoir. Si autrefois il fallait ne pas désespérer Billancourt, dans ces années-là c’étaient les électeurs de la gauche française qu’il ne fallait pas désespérer en trop insistant sur les alliés inconfortables du parti communiste - "bilan globalement positif" avait dit Georges Marchais, son premier secrétaire, parlant de l’URSS de Brejnev. Il n’est pas étonnant, alors, que cette aventure somme toute locale qu’a été le Canard sauvage, ait obligé Georges Marchais lui-même à prendre position.

Il avait été, dans ces années-là, beaucoup question de la dissidence soviétique. Il faudrait plutôt dire : des dissidences soviétiques. Tellement les options des uns et des autres étaient différentes, et encore plus, sans doute, celles de leurs soutiens en occident qui, pour la France, allaient de la droite la plus réactionnaire (le Figaro) à l’extrême gauche trotskiste et libertaire. Au delà du combat concret d’un homme à libérer, Gatti avait pressenti qu’on pouvait, à partir de la lutte de ces dissidents, de leurs actes, de leurs écrits, affronter valablement la question de ce qu’il appelait alors "la mort d’un langage" (le langage des utopies, de la révolution). Ou plus précisément, question bien plus obsédante pour lui : comment accompagner la mort de ce langage, désigner le poids de défaite que chacun de ses mots (d’ordre) entraînait, sans pour autant se condamner à l’inaction, à l’inespérance, au refus du combat ? Comment continuer à avancer sur cette ligne de crête ? Comment faire que "le refus des idéologies" ne devienne pas systématiquement le cheval de Troie d’une droite vindicative ? Gatti avait cru que le temps d’une expérience de création, il allait pouvoir, avec d’autres, se confronter à ces questions. Il n’en fut rien. Et même la libération de Boukovski survenant au beau milieu de ce travail, et qui aurait dû en être l’apothéose, ne fut finalement que la réplique d’un face à face stérile de deux vieux mondes : échangé contre le communiste chilien Carvallo, ce n’était rien d’autre qu’un épisode subsidiaire de la guerre froide. L’autre difficulté vint aussi de l’aspect "psychiatrique" dans lequel la dissidence soviétique était maintenue par le pouvoir brejnevien . En ces années-là, en Europe, se développait avec une vigueur réjouissante ce que l’on appelait "anti-psychiatrie". Derrière les figues de Guattari, Basaglia, et bien d’autres, un large mouvement d’ouverture des hôpitaux psychiatriques et de reconsidération de "la folie" était en cours. Et toute une extrême gauche voyait-là un des nouveaux étendards de la révolte anti-normative dans le sillage de mai 68. Ce fut le cas à Saint-Nazaire. Lorsque les protagonistes de l’Union de la gauche cessèrent - au moins publiquement - leurs attaques contre le projet, ce furent ces « anti-normatifs » qui manifestèrent, de manière parfois violente, leur opposition au projet. Gatti refusa de se laisser entraîner sur ce sujet-là. On pourrait dire simplement : parce que ce n’était pas pour cela qu’il était venu. La question psychiatrique, il l’avait, à sa manière, abordée en Belgique, dans le Brabant-Wallon, autour de la figure de Ronald Laing. Travail qui était devenu L’Arche d’Adelin. En 1976, lui importait beaucoup plus cette question de la mort du langage (politique). Et comme il le dit à plusieurs reprises à ces opposants, s’ils voulaient traiter de cette question psychiatrique, pourquoi ne l’avaient-ils pas fait jusque là ? D’ailleurs, rien ne leur empêchait de le faire par la suite (ce qu’ils ne le firent pas). D’une certaine manière Gatti ne vit dans leur manière d’agiter le drapeau (anti-)psychiatrique qu’une manière de refuser de s’atteler à la seule question qui lui paraissait (lui a toujours paru et lui paraîtra toujours décisive) : celle du langage. Le qui pro quo devint désaccord. Le désaccord affrontement.

Mais les dissidents ?
Car si tous ces débats et oppositions peuvent paraître d’un autre monde, les dissidents soviétiques ne le sont-ils pas aussi ? La "liberté" pour laquelle ils se battaient a été passé au broyeur de la marchandise. Rien n’est advenu. Beaucoup - dont Boukovski - une fois passés à l’ouest, ont abondé dans le sens d’une réaction libérale. Ils n’ont fait que passer d’un bord à l’autre. Et l’ouverture que l’on pouvait deviner dans leurs actes et leurs propos, le possible qu’on y décelait d’une alternative à ce face à face stérile : tout cela a été englouti, oublié, comme une facétie de l’histoire animale créant des espèces inadaptées, incapables de survivre.

Pourtant, à relire ces pages, frappe encore de manière fulgurante l’ardeur toujours vive des propos de Leonide Pliouchtch ; la grandeur indéfectible des textes de Glouzman ; et l’universalité inabolie de la figure du petit rentier élaboré par Boukovski et Glouzman dans le Guide de psychiatrie pour les dissidents soviétiques. Il y a dans ces propos, ces attitudes, quelque chose que l’on pourrait se contenter d’appeler une "position éthique" ("respect de soi", référence très serrée à Camus) mais qui, de fait, était une position politique - et la seule possible sans doute. L’étonnant est sans doute de se dire que dans un contexte totalement transformée c’est, aujourd’hui, cette posture là qui paraît la plus proche : celle dans laquelle se dit le dur combat pour qui veut, en toute circonstance, demeurer simplement un être humain - quoi qu’il en coûte ! Un combat dont, une fois encore, la seule arme est le mot.

Et c’est précisément par cette diversité de manière de s’emparer des mots, par cet effort de dire, que bien des récits, spectacles, films, histoires, que l’on pourra lire dans les pages qui suivent, viennent à nous avec une fraîcheur et une fragilité intacte. Inventés par les nazairiens qui cherchaient, avec Gatti et la Tribu, à donner à corps à cette expérience de création collective, ils sont, lorsqu’ils s’approchent au plus près de la posture à contre-vent des canards sauvages dissidents, les moments encore palpables d’un langage vivant.
Une expérience de création collective telle que, à cette époque, Gatti la concevait (et telle que, sous d’autre modalités, il continue aujourd’hui) n’a jamais eu d’autre objectif.
A ce titre, les tentatives "théoriques" dont le jeune homme a cru bon , il y a plus de trente ans, d’accompagner le récit de l’expérience, n’ont rien perdu de leur actualité.

Notes

[1] La lettre est signée de deux chats dont l’un dit : A bas Tonton ! (nom du chien de Gatti) et l’autre : Monique (compagne du jeune homme) venant à Avignon, nous continuerons avec elle.

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