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	<title>Petits points cardinaux</title>
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		<title>S&#233;on</title>
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		<dc:date>2011-12-13T16:12:46Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel S&#233;onnet</dc:creator>


		<dc:subject>Camp</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce fut un des premiers livres de Gatti que j'eus entre les mains. Un recueil de photos du film L'Enclos scand&#233; par des fragments de textes, dont ceux-ci, tir&#233;s de &#171; Bas-relief pour un d&#233;capit&#233; &#187; que, par la suite, je saurai manuscrit disparu sinon ces quelques pages dans lesquelles, &#233;trangement, semblaient d&#233;j&#224; m'attendre l'&#233;cho de mon propre nom. &lt;br class='autobr' /&gt;
Premier fragment &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La porte s'ouvrit, brutale. Une cro&#251;te arrach&#233;e d'un seul coup sur une plaie non encore cicatris&#233;e. S&#233;on regarda &#233;bloui. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce fut un des premiers livres de Gatti que j'eus entre les mains. Un recueil de photos du film &lt;i&gt;L'Enclos&lt;/i&gt; scand&#233; par des fragments de textes, dont ceux-ci, tir&#233;s de &#171; Bas-relief pour un d&#233;capit&#233; &#187; que, par la suite, je saurai manuscrit disparu sinon ces quelques pages dans lesquelles, &#233;trangement, semblaient d&#233;j&#224; m'attendre l'&#233;cho de mon propre nom.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier fragment&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La porte s'ouvrit, brutale. Une cro&#251;te arrach&#233;e d'un seul coup sur une plaie non encore cicatris&#233;e. &lt;strong&gt;S&#233;on&lt;/strong&gt; regarda &#233;bloui. Ses pens&#233;es s'&#233;talaient &#224; plat sur les murs de la cellule. Il voulut s'y enfoncer. La cellule le repoussa. Les ombres et les lumi&#232;res qui l'avaient sillonn&#233;e, remplie pendant deux semaimes, perdirent leur &#233;paisseur. C'&#233;tait l'exode. S&#233;on ne laissa rien derri&#232;re lui. Les cinq derni&#232;res marches du quartier cellulaire franchies, il essaya de se fondre avec les soldats qui l'encadraient pour constituer une sorte de territoire imprenable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me fragment&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une porte s'ouvre. Une voix abstraite appelle un num&#233;ro : UND ALS SIEBENTE TAG. La porte se refreme. Dans la cellule de &lt;strong&gt;S&#233;on&lt;/strong&gt;, les d&#233;tenus se serrent la main. Chaque main transmet un froid d'&#233;toile. Ils sont seuls dans le soudain silence d'un &#233;t&#233; droit, spectral, interminable. Les verrous grincent de nouveau. &#034;C'est la porte &#224; c&#244;t&#233;&#034;, cbuchote-t-on. Un l&#233;ger cri suivi d'un pi&#233;tinement. Quelqu'un en sort et la porte se rabat. Il y a des h&#233;sitations : dans le couloir, les soldats se sont arr&#234;t&#233;s et parlent &#224; voix basse. &#034;Ils doivent d&#233;chiffrer les matricules. Les lampes du couloir &#233;clairent mal.&#034; Tous sont clou&#233;s aux monosyllabes, aux froissements, au crissement des souliers. L'&#233;tat brut &#233;merge, malgr&#233; le souvenir aboyant d'ils ne savent quelles alliances perdues. Les armes cliquettent juste devant la porte de S&#233;on. Les minutes croissent sans nombre en un fourr&#233; inextricable. S&#233;on n'entend rien d'autre que la pulsation du sang dans sa poitrine. La porte est d&#233;pass&#233;e. C'est peut &#234;tre fini. Mais personne ne le croit. (...) Ils reviendront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveau demi-tour. Une porte claque. Une autre encore. Cette fois, c'est la porte d'entr&#233;e du quartier cellulaire. Un avertissement. Un ordre. Un coup de sifflet. Les &#233;lus se mettent &#224; courir vers la place d'appel. Ebranlement. Pas embrouill&#233;s. Le silence est de nouveau total. Nuit carc&#233;rale. Brouillard du mirage et de l'espoir qui va de nouveau s'&#233;tendre. Pourtant, ils n'ont pas d'autre issue que l'image du gibet dans laquelle ils sont d&#233;j&#224; entr&#233;s comme on entre dans une soci&#233;t&#233; secr&#232;te. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me fragment&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La journ&#233;e commence et se prolonge par une page blanche. Les fausses nouvelles la sillonnent sans laisser de trace. Mais elles conduisent dehors, l&#224; o&#249; il y a des lignes d'horizon. Sursaut. de &lt;strong&gt;S&#233;on&lt;/strong&gt; pour ne rien c&#233;der &#224; la journ&#233;e. Il parle avec le visage de tous les d&#233;tenus. Il se prom&#232;ne, fait les cent pas. &lt;br class='autobr' /&gt;
La journ&#233;e s'empare de lui. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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