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	<title>Petits points cardinaux</title>
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		<title>Ren&#233; Char lit Ren&#233; Char</title>
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		<dc:creator>Michel S&#233;onnet</dc:creator>



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&lt;p&gt;C'est en 1967 que Michel Soutter filme Ren&#233; Char chez lui, &#224; l'Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Le grand po&#232;te a alors tout juste 60 ans, il a re&#231;u l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente le Prix des critiques pour l'ensemble de son oeuvre.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://petitspointscardinaux.net/compagnes-compagnons/a-partir-de-char/" rel="directory"&gt;A partir de Char&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est en 1967 que Michel Soutter filme Ren&#233; Char chez lui, &#224; l'Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Le grand po&#232;te a alors tout juste 60 ans, il a re&#231;u l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente le Prix des critiques pour l'ensemble de son oeuvre.&lt;/p&gt;
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		<title>&#192; terre</title>
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		<dc:date>2011-12-13T16:26:14Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel S&#233;onnet</dc:creator>



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&lt;p&gt;Au mois d'avril 2088, je fus jet&#233; &#224; terre. Je crus mourir. La m&#233;decine diagnostiqua un foudroiement du nerf vestibulaire qui me privait de tout &#233;quilibre. Pendant des jours je fus incapable de me lever. Un virus en &#233;tait la cause. Mais bien plus encore, qui avaient cr&#233;&#233; les conditions de possibilit&#233; de ce virus : un mois plut&#244;t, ma s&#339;ur &#233;tait morte ; et presque simultan&#233;ment, mon &#233;diteur m'avait refus&#233; un roman sur lequel je travaillais depuis plusieurs ann&#233;es. Le jour pr&#233;c&#233;dant la chute, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://petitspointscardinaux.net/compagnes-compagnons/a-partir-de-char/" rel="directory"&gt;A partir de Char&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au mois d'avril 2088, je fus jet&#233; &#224; terre. Je crus mourir. La m&#233;decine diagnostiqua un foudroiement du nerf vestibulaire qui me privait de tout &#233;quilibre. Pendant des jours je fus incapable de me lever. Un virus en &#233;tait la cause. Mais bien plus encore, qui avaient cr&#233;&#233; les conditions de possibilit&#233; de ce virus : un mois plut&#244;t, ma s&#339;ur &#233;tait morte ; et presque simultan&#233;ment, mon &#233;diteur m'avait refus&#233; un roman sur lequel je travaillais depuis plusieurs ann&#233;es. Le jour pr&#233;c&#233;dant la chute, j'avais &#233;crit dans mon journal que le mieux en de pareilles circonstances serait sans doute de mourir. Lorsque je me retrouvai &#224; terre ce fut dans la terreur d'avoir &#233;t&#233; exauc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je recommen&#231;ais &#224; marcher. En me tenant au mur. Au bras de mon Aim&#233;e. Mais lorsque j'essayais de lire, les lettres tanguaient sur les pages trop pleines des mots. Je ne parvenais &#224; lire que de brefs po&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arriva que lorsque je fus &#224; nouveau capable de lire sur l'&#233;cran de l'ordinateur, un des premiers mails que je re&#231;us ouvrait le blog que tenait Yves Ughes, un ami po&#232;te. Ce jour-l&#224;, il offrait en phylact&#232;re d'une photographie de l'Aubrac sous la neige, un po&#232;me de Ren&#233; Char, &lt;i&gt;Encart&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les routes qui ne promettent pas le pays de leur destination sont les routes aim&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
La g&#233;n&#233;rosit&#233; est une proie facile. Rien n'est plus attaqu&#233;, confondu, diffam&#233; qu'elle. G&#233;n&#233;rosit&#233; qui cr&#233;e nos bourreaux futurs, nos resserrements, des r&#234;ves &#233;crits &#224; la craie, mais aussi la chaleur qui une fois re&#231;oit et, deux fois, donne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a plus de peuple tr&#233;sor, mais, de proche en proche, le savoir-vivre infini de l'&#233;clair pour les survivants de ce peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pluie, &#233;cole de croissance, rapetisse la vitre par o&#249; nous l'observons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous demandons &#224; l'impr&#233;visible de d&#233;cevoir l'attendu. Deux &#233;trangers acharn&#233;s &#224; se contredire - et &#224; se fondre ensemble si leur rencontre aboutissait !&lt;br class='autobr' /&gt;
En amour, en po&#233;sie, la neige n'est pas la louve de janvier mais la perdrix du renouveau.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blog pr&#233;cisait que ce po&#232;me &#233;tait tir&#233; du Nu Perdu et figurait &#224; la page 466 de l'&#233;dition de la Pl&#233;&#239;ade. Toute l'oeuvre de Char &#233;tait l&#224;. Sur une &#233;tag&#232;re de la biblioth&#232;que. A port&#233;e de main. Des livres sur Char. Des livres autour de Char, peintres et po&#232;tes. Depuis combien de temps n'avais-je pas ouvert un de ces volumes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Encart&lt;/i&gt; appartenait bien au recueil &lt;i&gt;Le Nu Perdu&lt;/i&gt;. Mais dans cet ensemble il relevait d'un petit groupe de po&#232;mes d'abord publi&#233; de mani&#232;re ind&#233;pendante chez G.L.M. et intitul&#233; Le Chien de Coeur. &lt;br class='autobr' /&gt;
La lecture de l'incipit me laissa dans la fi&#232;vre plus extr&#234;me. De quel ange associateur &#233;tais-je devenu l'objet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans la nuit du 3 au 4 mai 1968 la foudre que j'avais si souvent regard&#233;e avec envie dans le ciel &#233;clata dans ma t&#234;te, m'offrant sur un fond de t&#233;n&#232;bres propres &#224; moi le visage a&#233;rien de l'&#233;clair emprunt&#233; &#224; l'orage le plus mat&#233;riel qui f&#251;t. Je crus que la mort venait, mais une mort o&#249;, combl&#233; par une compr&#233;hension sans exemple, j'aurais encore un pas &#224; faire avant de m'endormir, d'&#234;tre rendu &#233;parpill&#233; &#224; l'univers pour toujours. Le chien de coeur n'avait pas geint.&lt;br class='autobr' /&gt;
La foudre et le sang, je l'appris, sont un.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... les t&#233;n&#232;bres, le foudroiement, la certitude que la mort vient et elle ne vient pas..., quels liens de communication myst&#233;rieuses s'&#233;taient &#233;tablis en moi et autour de moi pour que, par une sorte de t&#233;m&#233;raire spirale, l'appel de po&#232;me qui m'avait rendu capable de surmonter le vertige, me conduisit de mani&#232;re aussi directe &#224; ce texte qui en d&#233;crivait la violence de foudre ? Je me dois d'ajouter qu'en ces mois-l&#224;, la compagne de l'ami qui, par son blog, m'offrait ce po&#232;me, &#233;tait depuis des ann&#233;es frapp&#233;e de grave maladie. Que mon Aim&#233;e suivait alors une douloureuse chimioth&#233;rapie. Et que la semaine pr&#233;c&#233;dant le diagnostic de son cancer, nous avions tous les deux travers&#233; l'Aubrac &#224; pied par le chemin menant &#224; Saint-Jacques de Compostelle ? Fallait-il regarder cette neige tomb&#233;e sur un paysage qui nous avait &#233;merveill&#233;s avec la rigueur de voyant qu'invoquait Ren&#233; Char :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En amour, en po&#233;sie, la neige n'est pas la louve de janvier mais la perdrix du renouveau.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Char m'&#233;tait offert comme un appel. Je ne pouvais qu'y r&#233;pondre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il fallait pour cela que je revienne aux tout premiers jours. A cette exaltation qui avait frapp&#233; le jeune homme de dix-huit ans que j'&#233;tais &#224; la d&#233;couverte de cette po&#233;sie. &#171; Ren&#233; Char &#187; avait &#233;t&#233; le nom ouvrant un monde d'eau, de terre, d'astres et de mots dans lequel j'avais alors chin&#233; les instruments d'une naissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que je le retrouve &#224; l'heure o&#249; j'&#233;tais jet&#233; &#224; terre n'&#233;tait, de toute &#233;vidence, pas fortuit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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