Petits points cardinaux

Michel Séonnet

L’enfant qui regardait la mer.

C’est une prouesse. Dans un bercement presque hypnotique de l’écriture pas éloigné de celui des vagues, l’auteur est parvenu (mais comment ?) à réellement infuser à la lectrice que je suis non seulement le regard de l’enfant et l’enfant lui-même mais l’adulte en devenir qu’il porte et aussi l’enfant qu’elle a été pendant que celle d’aujourd’hui respire avec lui. Les lignes en débordent de tout ce monde dans une intimité perdue puisque livrée à la mer.
Marie-Hélène Bahain, écrivain


J’ai beaucoup aimé L’enfant qui regardait la mer, le tissu des récits, l’attente, les motifs lancinants (celui de la robe par exemple), les corps tenaces, les corps vivaces, la solitude, et l’élargissement de l’être, et la partance.
Marie-Hélène Lafon, écrivain.

Je me suis régalé. C’est un très beau livre. Une très belle promenade dans une enfance qui ne regardait pas seulement la mer.
Michel Seyrat, RCF

Ce qui marque dans ce petit livre, c’est d’abord l’écriture. (Il) offre au fond une suite de poèmes en prose autour de la Méditerranée, littérature parente du Camus de Noces ou de L’exil et le royaume.
Jean-Baptiste Sarochi, Patriote Côte d’Azur

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A écouter sur RCF

Emission "Qu’en dira-t-on ?"
Entretien avec Michel Seyrat

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A regarder sur Azur TV

Entretien avec Nicolas Galup

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L’enfant qui regardait la mer
Jean-Baptiste Sarocchi
Patriote Côte d’Azur

« Ce qui marque dans ce petit livre, c’est d’abord l’écriture. (Il) offre au fond une suite de poèmes en prose autour de la Méditerranée, littérature parente du Camus poète de Noces ou de L’exil et le royaume.

Il y a la ville. Nice intime, sans éléments pittoresques. Intérieure. Le sujet, ou mieux, le personnage est la mer. La plage est l’absolu lieu de l’ailleurs. Du bord de l’infini bleu, l’au-delà à portée de regard. Comme l’écrit l’auteur : Mer immense. Mer totale. Mer dressée face à nous à l’égal de la falaise le long de laquelle nous qrimpions. Il y avait quelque chose de fascinant et de terrifiant . Impressions à la montée au Château, au Mont Chauve ou le long du chemin « de Nietzsche » jusqu’à Èze Village. Entre soleil, mer et muraille, le monde en balance.

Mais cette immensité de remous et de rumeur, la mer créatrice de nature et porteuse de civilisations, incite aux profondeurs de l’Histoire. Depuis l’anecdote du début, souvenir de l’orateur antique, à travers l’enfant déclamant, deux ou trois galets dans la bouche, pour vaincre le bégaiement. Ou elles, ces « stries » ressemblant aux hiéroglyphes des Égyptiens, sur un galet encore.

La mer, aussi, élève à la dimension mystique. Ainsi l’allusion à la digue du port, l’impression, alors, de m’avancer en mer, quelque chose de semblable à marcher sur les eaux.

On l’a déjà compris, l’auteur de Nice, le bleu du galet (Point de Mire, 2004) collectionne dans ses pages les galets venus de la mer, roulés, polis par les flots. Jusqu’au « Poudingue » des collines, vestige des temps immémoriaux, après un déménagement familial. Ils sont liés à un moment poignant du récit, rite quasiment initiatique, pour l’enfant, à l’amour, la vie, la mort et le néant, quand il enfouit une petite robe à fleurs rouges laissée, déchirée, sur la plage, dans une tombe de galets. Il va la rechercher sans jamais la retrouver. Pas davantage sur le corps des filles et femmes qu’il rencontre.

Mais le sens le plus intense de ce texte, c’est l’attirance pour l’autre bord de mer, l’autre rive, cet autre d’en face. L’enfant en est persuadé : J’avais compris que je ne rencontrerais celui ou celle que me promettait la rive d’en face que s’il consentait à venir, que si elle franchissait l’entre deux rives et venait jusqu’à moi.

À notre époque de peur de l’autre, de l’étranger et, d’abord, de celui qui vient ou est venu de l’autre côté de la mer, on apprécie ce tableau de la Méditerranée, à l’envers des drames actuels, monde de va et vient, lieux de migrations. Le personnage et le lecteur croisent Marina (bien-sûr !) la jeune fille « pied-noir » dont les cheveux avaient quelque chose de la mer, Tonton René, débarqué d’Oran, qui ne parlait des femmes de là-bas qu’en forme d’hymne à leur beauté et leur mystère. Et puis Ahmed, l’Algérien, et les autres ouvriers arabes du bâtiment. Et Tej, le Kabyle. Le ton apaisé, même si lucide sur les clivages, sur la rencontre de ces gens, est une sorte de réhabilitation de l’humanité, de reconnaissance des sentiments humains. Jusqu’au partage solidaire du cercle d’alphabétisation et du soutien à la grève de la faim des travailleurs immigrés en l’église de Cimiez.

Michel Séonnet a quelque titre à en parler, lui qui participe au travail d’écriture et d’expression dans les classes et, en particulier, avec des associations telles que « Médiation cité » et « Alpes-Maritimes diversité ». Ce livre donne à respirer. Pas seulement parce qu’on y est au bord de la mer ... »

Jean-Baptiste Sarocchi – Le Patriote Côte d’Azur, novembre 2016

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